Les silences du journalisme
3º Colloque international
Changements structurels dans le journalisme
MEJOR – 2015


Organisé par : Programa de Pós-­-Graduação em Jornalismo da Universidade Federal de Santa Catarina

Collaboration : Réseau d’Études sur le Journalisme (REJ), Centre de recherche sur l’action politique en Europe (CRAPE), Centre de recherche en information et communication (ReSIC), Programa de Pós-­-Graduação em Comunicação da Universidade de Brasília

Lieu : Florianópolis, Santa Catarina -­- Brésil
Centro de Comunicação e Expressão da Universidade Federal de Santa Catarina Campus Universitário da Trindade
 
Dates : 12 au 15 mai    2015    Cloture de l’appel : 15 janvier 2015

http://mejor2015.sites.ufsc.br/


1.              Thème du colloque 
La recherche en journalisme s’est, depuis longtemps, intéressée aux grands interdits qui font l’objet de consensus dans les discours professionnels, politiques ou sociaux : le mensonge, l’usurpation et la dissimulation d’identité, la recomposition des faits, les  procédés fictionnels, la dénonciation des confrères, l’alliance avec le pouvoir politique ou avec la police, la confusion de la communication et du journalisme, les conflits d’intérêts, le secret professionnel, la censure, l’apologie de la violence ou du racisme. Le passage du discours normatif à la pratique quotidienne des journalistes a toujours révélé quantité de contradictions, parfois fortes, qui entrainent des débats dans lesquels la réflexion déontologique tient une place essentielle. Ces débats contribuent à rendre visibles, publiques, les valeurs professionnelles du journalisme.
 
Prenant  le  contre-­-pied  de  cette  publicisation  de  la  culture  professionnelle,  le  troisième colloque MEJOR sur les changements structurels du journalisme, choisit de s’intéresser à ce qui ne se dit pas, ce qui ne se discute pas.

Le journalisme est en effet peuplé de pratiques non dites. La liste peut être longue : -­- avoir du plaisir à couvrir un fait-­-divers, un conflit, une guerre, à fouiller les aspects sales ou noirs d’un sujet ; -­- être redevable des autorités pour la réalisation de son métier ; -­- ne pas citer ses sources  sans  autre  raison  que  de  cacher  ses  pratiques ;  -­-  estimer  ne  pas  avoir  de  contrat moral  avec  une  source,   ne  pas  venir  en  aide  à  des  sources  mises  en  danger ;  -­-  aimer  les contextes   d’adrénaline,   de   violence   ou   au   contraire,   détester   le   côté   aventureux   du journalisme,  ne  pas  aimer  sortir  de  la  rédaction ;  -­-  chercher  à  briller  telle  une  célébrité;  -­- travailler de façon superficielle ou inculte ; -­- s’autocensurer par peur des représailles ; -­- ne pas être solidaire avec un collègue ; -­- et même, connaître des douleurs, des blessures, des maladies engendrées par l’exercice de la profession, et ne pas vouloir les reconnaître, par peur d’apparaître faible.
 
Ce silence à propos de certaines pratiques quotidiennes du métier se double d’une autre occultation, celle des sujets dont on ne parle pas ou peu, ou des informations que l’on cache en totalité ou en partie : -­- le nom des personnes impliquées dans un délit ; -­- le suicide de certaines catégories de personnes ; -­- la vie privée des élus politiques ; -­- les relations entre certaines sources d’information et des journalistes, ou entre des acteurs économiques et des médias ; -­- l’introduction de produits, de marques ou même d’idées dans le contenu journalistique. Ces silences semblent différents d’un pays à l’autre ; ainsi, au Brésil on parle peu du suicide, en France ce sont les noms des personnes en délit qui sont cachés ; pendant longtemps la vie privée des élus fut passée sous silence, elle ne l’est plus.
 
Ces pratiques et ces sujets éludés constituent des arrangements, petits ou grands mais peu en phase avec les représentations et les imaginaires du journalisme, ce qui explique leur omission. Or, le fait qu’ils soient non dits, non débattus, ne signifie pas qu’ils n’ont pas d’importance, bien au contraire. La problématique que le colloque MEJOR 3 tâchera d’aborder ne sera pas la distorsion entre les discours et les usages, entre la morale professionnelle et les usages de production. Il ne réfléchira donc pas sur la déontologie en tant que telle, mais s’interrogera sur la réalité des silences et sur leurs effets, en tentant de répondre à un ensemble de questions :
 
A  -­-  Quels  silences?  Quels  sont  les  silences  du  journalisme ?  De  quoi  parle-­-t-­-on lorsque l’on aborde ce sujet ? Quelles sont les transgressions dont on ne parle pas, que l’on n’avoue pas, et qui pourtant sont connues ? Qu’est-­-ce qui est caché dans un pays  et  pas  dans  un  autre ?  Qu’est-­-ce  qui  est  occulté  à  une  époque  et  pas  à  une autre ?
 
B -­- Qui produit les silences ? Comment se construisent-­-ils ? Sont-­-ils produits par les groupes professionnels et la culture qu’ils ont établie ? Proviennent-­-ils des autorités qui  régulent  l’autonomie  du  journalisme ?  Sont-­-ils  énoncés  par  l’entreprise  qui organise et oriente le travail des journalistes ?
 
C  -­-  Comment  repérer  les  silences  ?  Les  discours  institutionnels  (profession,  lois, morale  professionnelle  et  prescriptions  d’entreprises)  portent-­-ils  la  trace  de  ces omissions  ? Comment retrouver les traces de ces tabous ? Comment, dans ces cas, interroger ou observer les journalistes ?

-­-  Comment  sont  vécus  les  silences  ?  Comment  s’intériorisent  les  silences  ? Comment   s’apprennent-­-ils ?   Les   figures   tutélaires   jouent-­-elles   un   rôle ?   Où   les prescriptions sont-­-elles énoncées et transmises ? Comment évaluer qu’une pratique ou une attitude soit taboue ? Comment le journaliste vit-­-il cette situation ? Qu’est-­-ce qui  explique  qu’il  n’en  parle  pas ?  Le  vit-­-on  différemment  selon  les  contextes nationaux, les époques, les lieux ? 
-­-   Quel   effet   cela   a-­-t-­-il   de   transgresser   un   silence   ?   Comment   survient   la transgression  d’une  occultation  ?  Est-­-ce  une  démarche  individuelle ?  Est-­-ce  un processus collectif ? Qu’arrive-­-t-­-il à ceux qui transgressent le silence ? Qu’est-­-ce que la communauté fait de celui qui les transgresse ? A quel niveau se fait le contrôle : la profession, les autorités, les individus ? 
F  -­-  De  quelles  transformations  ou  permanences  témoignent  les  silences  ?  Est-­-il possible de comprendre les changements et les continuités du journalisme au travers de   l’étude   de   ses   silences   ?   De   quelle   manière   sont-­-ils   révélateurs   de   ces dynamiques ?   Comment   les   processus   d’émergence,   de   transformation   et   de disparition     des     omissions     du     journalisme     permettent-­-ils     de     révéler     les transformations du métier et du monde médiatique ?
 
2.           Calendrier 
Envoi des propositions de communication (6.000 signes)
Avant le 15 janvier 2015
Annonce des travaux sélectionnés
10 février 2015
Envoi du texte (de 20 000 à 30 000 signes)
10 mars 2015
Publication des actes du colloque
mai 2015
Réalisation du colloque
12 au 14 mai 2015
Journée « Méthodologie de la recherche » (REJ)
15 mai 2015
 
Règles de soumission 
Sont acceptés les travaux d’auteur individuel ou collectif. Au moins un des auteurs de l’article devra être titulaire d’un doctorat.
 
Le(s) auteur(s) devront transmettre une proposition de communication de 6000  signes (indiquant la problématique, la méthode, le terrain ou corpus, la bibliographie de référence). La  proposition  devra  indiquer  aussi  dans  quel(s)  axe(s)  de  l’appel  ci-­-dessus  elle  vient s’inscrire (lettres A à F)
 
Les propositions en français doivent être transmises par mail, pour le 15 janvier 2015, à msfrere@ulb.ac.be
flecam@ulb.ac.be denis.ruellan@univ-­-rennes1.fr
 
Après accord du comité scientifique, le(s) auteur(s) devront transmettre le texte complet de l’article formaté de la manière suivante :

-­-       -­-  Entre  20  et  30.000  caractères  (espaces  compris).  Doivent  être  inclus  les intertitres, les notes et références bibliographiques, le résumé (dix lignes), les mots-­-clé    (trois    à    cinq),    la    présentation    de    l’auteur    (trois    lignes).
-­- L’article devra être présenté en police Time New Roman, corps 12, interligne 1,5. Les citations longues seront en corps 10 et interligne 1.
 
Les travaux seront nécessairement inédits. Ils ne devront pas avoir été publiés dans quel que support que ce soit, ni présentés dans un autre colloque ou séminaire. Chaque auteur pourra soumettre un article, individuel ou collectif.
 
Nota : cet appel ne concerne que les communications proposées en français ; les proposition de communication en portugais, en espagnol et en anglais devront être directement aux organisateurs brésiliens.
 
4.           Processus de sélection et critères de sélection. 
Les travaux seront évalués par un comité scientifique. Chaque travail présenté sera évalué à l’aveugle par des membres du comité scientifique. Les critères de sélection seront :
Originalité du travail
Lien avec le domaine d’étude
Adéquation avec la thématique
Champ et pertinence de la bibliographie utilisée
Adéquation théorique et méthodologique
Clarté, cohérence et respect des exigences de la littérature scientifique 
5.           Financement des coûts de voyage et de séjour 
Les auteurs sont invités à se tourner vers leurs institutions et les organismes subventionnaires pour financer les coûts de participation au colloque (voyage, séjour). Il est conseillé de ne pas attendre l’annonce des travaux sélectionnés (10 février 2015) pour introduire des demandes de financement.
 
6.           Publication des travaux 
Les travaux acceptés et présentés durant ce colloque seront publiés en ligne sous forme d’actes, sur le site du colloque.
 
7.           Comité d’organisation et comité scientifique 
Au Brésil, l’organisation du colloque est coordonnée au Brésil par   :   Prof. Dr. Francisco José Castilhos Karam -­- Coordenador do POSJOR/UFSC
Profa. Dra. Rita de Cássia Romeiro Paulino -­- Subcoordenadora do POSJOR/UFSC
 
Côté  francophone,  sont  correspondants  pour  l’organisation  du  colloque  et  les  travaux  du comité  scientifique  Marie-­-Soleil  Frère  (Fonds  de  la  recherche  scientifique  –  Belgique), Florence  Le  Cam  (Chaire  de  journalisme,  Université  libre  de  Bruxelles)  et  Denis  Ruellan (CRAPE, Université de Rennes 1).

Le comité scientifique en charge des communications présentées en français est composé de:
 
-­- Thomas Atenga, Université de Douala (Cameroun)
-­- Renaud de la Brosse, Linnaeus University, Kalma (Suède)
-­- Nadège Brousteau, Université du Québec à Montréal (Canada)
-­- Juliette Charbonneaux, Université Paris-­-Sorbonne (France)
-­- Jean Charron, Université Laval (Canada)
-­- Marie-­-Soleil Frère, FNRS (Belgique)
-­- Tourya Gaaybess, Université de Clermont-­-Ferrand (France)
-­- Jean-­-Jacques Jespers, Université Libre de Bruxelles (Belgique)
-­- Florence Le Cam, Université Libre de Bruxelles (Belgique)
-­- Isabelle Meuret, Université Libre de Bruxelles (Belgique)
-­- Denis Ruellan, Université de Rennes 1 (France)
-­- Oliver Trédan, CRAPE (France)
 
 
8.           Contact avec l’organisation du colloque 
Au Brésil :
francisco.karam@ufsc.br
rcpauli@gmail.com
 
En Europe :
msfrere@ulb.ac.be
flecam@ulb.ac.be
denis.ruellan@univ-rennes1.fr


 
Created by Hugo Durieux on 25/11/2014